À fendre le cœur le plus dur

Estefanía Peñafiel Loaiza. Villes invisibles 1. L'attente © Alain Alquier

À fendre le cœur le plus dur / Témoigner la guerre est un projet artistique transversal à l’initiative de l’historien Pierre Schill, qui associe art contemporain, danse, photographie, littérature et histoire.

Ce projet trouve son origine dans la découverte d’une archive inédite composée de photographies et d’écrits datant de 1911, et réalisée près de Tripoli, sur  le territoire de l’actuelle Libye.

Cet ensemble résulte de la commande d’un reportage sur la guerre de colonisation qui opposa le Royaume d’Italie et l’Empire ottoman, passée par le quotidien Le Matin à l’homme de lettres français Gaston Chérau (1872-1937).

Postulant la fécondité d’une approche croisée, l’exposition rassemble, autour de l’archive elle-même, des oeuvres d’artistes visuels et plasticiens (Kader Attia, Rossella Biscotti, Broomberg & Chanarin, Alexis Cordesse, Agnès Geoffray, Lamia Joreige, Rabih Mroué, Estefania Peñafiel Loaiza) engagés dans l’analyse des processus de représentation.

Les œuvres sont mises en relation avec une pièce et une installation chorégraphique créées par le danseur et chorégraphe Emmanuel Eggermont (accompagné de Jihyé Jung et Elise Vandewalle), ainsi qu’avec une production littéraire des écrivains Jérôme Ferrari et Oliver Rohe et une approche historique proposée par Pierre Schill.

Déjouant la discipline historique et l’approche documentaire classique au profit d’une valorisation de la valeur heuristique des images, cette exposition plonge le visiteur dans une autre temporalité.

Les enjeux ne reposeraient plus seulement sur l’exactitude des informations et la rigueur des analyses, mais sur quelque chose de plus ténu, qui tiendrait des mots d’effroi de Gaston Chérau.